L’ART-THERAPIE A DOMINANTE ARTS-PLASTIQUES AUPRES DE PERSONNES ENDEUILLEES EN PERIODE PERINATALE

Le deuil d’un petit-être parti trop tôt provoque une immense souffrance biopsychosociale qui anéantit les parents. La perte d’un bébé est une blessure de vie… définitive. La douleur se réactive à chaque période significative de la vie. Le mal-être est installé, l’endeuillé est accablé, affaibli par un combat émotionnel continuel avec ses hauts et ses bas.

L’art-thérapie a cette particularité d’exploiter le pouvoir et les effets de l’Art pour permettre de retrouver une saveur existentielle.


L’Art a un puissant pouvoir d’expression et provoque des effets relationnels alors que les personnes endeuillées ont des troubles ou des difficultés d’expression, de communication, et leurs relations aux autres sont souvent compliquées et difficiles à vivre.

Les traces de leur tout-petit manquent cruellement aux endeuillés. L’Art, lui, est connu par ses œuvres et les œuvres d’art sont des traces du passé, c’est pourquoi les arts plastiques sont privilégiés car ils permettent des traces symboliques concrètes.

 

L’Art requiert l’implication corporelle, il incite à réagir pour agir et à s’engager dans le projet artistique, comme un endeuillé qui continue malgré les épreuves de devoir construire sa vie.

 

L’endeuillé doit se résoudre parfois à se taire et cacher ses émotions pour ne pas déranger,

L’art-Thérapie lui permet d’affirmer ses goûts, ses choix, son style,

L’endeuillé a peur parfois même de son propre corps à cause de la responsabilité corporelle ressentie dans la mort du « tout-petit »,

L’art-Thérapie lui permet de reprendre confiance,

L’endeuillé est parfois terrassé par un sentiment de culpabilité déclenché par ce sentiment de ne pas avoir réussi à protéger son « tout-petit »,

L’art-thérapie pourra lui permettre de retrouver l’estime de soi qui lui manque cruellement.

L’endeuillé se sent souvent incompris jusqu’à se ressentir comme anormal et seul avec sa peine, l’art-thérapie lui permettra de retrouver sa place au sein du groupe social et d’apprécier le temps qu’il ose se consacrer à lui-même.

 

Tout comme le processus de deuil, une prise en charge d’art-thérapie peut difficilement être assortie d’un terme avant d’avoir été entamée. Et c’est bien là que se situe tout le paradoxe des endeuillés car c’est parce qu’ils sont normaux qu’ils souffrent de la mort d’un « tout-petit », et de façon récurrente.

Les endeuillés sont des personnes qui ont souffert, ils souffrent aujourd’hui… et souffriront probablement à des moments plus… et à d’autres périodes moins… toute leur vie.

L’Art-thérapie à dominante arts plastiques améliore la qualité existentielle et permet de puiser des ressources exploitables au fil du temps qui passe.

MARIE-ARMELLE BOREL